Jeudi 26 juin 2008

Alors que le monde aujourd’hui se développe d’une manière non conventionnelle, que chaque jour nous avons des défis toujours plus difficile à surmonter, nous nous apercevons de plus en plus que notre jeunesse se renferme sur elle-même. 

Beaucoup de personnes de la jeune génération ont aujourd’hui perdu foi en l’avenir, il est devenu normal de vivre au jour le jour sans se préoccuper véritablement de son devenir. 

Ce gout de la réussite a aujourd’hui disparu. Nous sommes beaucoup plus conservateurs et surtout nous ne prenons plus de risque.

Je fais partie de ceux qui pensent que la prise de risque est un élément indispensable à la construction de notre personnalité.

Prendre des risques nous donnent le goût d’apprendre, de découvrir de nouveaux horizons, d’endosser de nouvelles responsabilités.

Je vois aujourd’hui deux causes à ce problème récurrent de notre société :

-          La première est la conséquence de l’évolution de notre pays. Il y a en France beaucoup trop de conservatisme à tous les niveaux. Notre pays qui pourtant a de nombreux atouts se retrouve aujourd’hui dans une situation où la promotion sociale n’existe plus ou peu, où l’ascenseur social est apparemment tombé en panne. Comment un jeune pourrait-il croire à l’avenir, si notre pays et nos représentants ne leur montrent pas que cela est possible ? Comment peut-on aujourd’hui demander à un jeune de travailler s’il ne voit pas le bout du chemin ?

-          La deuxième cause  découle forcément de la première, si nos jeunes n’ont pas envie de se donner à fond c’est tout simplement parce qu’on ne leur donne pas les moyens ! Que se passe t-il aujourd’hui pour  un jeune qui décide de se lancer dans la création d’entreprise ? Dans 80 % des cas, les banques et les collectivités locales disent non aux différents projets. Il y a un manque de confiance évident. Lorsqu’un jeune décide après le bac de rejoindre une école privée, il est intéressant de constater qu’il ne bénéficie d’aucune aide comme une bourse universitaire et cette situation est réelle pour toutes les catégories de personne. Ceci est catastrophique pour beaucoup de jeunes car dans le meilleur des cas, ils tentent d’obtenir un prêt étudiant et ils l’obtiennent, mais dans la plupart des cas, ils se retrouvent face à des coûts de scolarité trop élevées pour étudier dans des conditions acceptables… 
Ce problème a pour résultat d’empêcher les jeunes de se lancer dans des projets qui pourraient avoir de l’avenir.

Cette injustice sociale entre les jeunes qui ont la chance de trouver des moyens de financement et ceux qui n’ont pas la possibilité de financer leurs études ou leurs projets. Cette question est pourtant d’une importance capitale et notre pays se doit de trouver des solutions innovantes. Nous ne pouvons pas continuer à stagner, à nous reposer sur nos acquis, alors que de plus en plus de pays se développement à une vitesse exponentielle.

Aux Etats-Unis, il est beaucoup plus simple pour un jeune de créer son entreprise, d’avoir un prêt (contrairement à ce que l’on a l’habitude d’entendre en France). Les jeunes américains ont beaucoup  d’espoirs, de rêves et principalement en cette période de campagne présidentielle. Il est d’une importance capitale pour l’avenir de notre pays d’encourager les jeunes à se prendre en main. C’est un débat trop souvent oublié, trop souvent ignoré et pourtant ce n’est que redonnant l’espoir à toute une génération que nous permettrons à notre pays de s’élever et de retrouver son rang dans le concert des nations.

Par Jérémy Kreins - Publié dans : France
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Mercredi 18 juin 2008

Michèle Alliot-Marie relance le mouvement qu'elle a créé en 2006, Le Chêne


La ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales souhaite que "les valeurs gaullistes puissent s’exprimer haut et clair"

 

Votre mouvement, Le Chêne, va rendre publique sa « charte du gaullisme du renouveau ». Votre objectif est-il de créer une sensibilité gaulliste au sein de l’UMP, présentant ses propres motions aux congrès ?

Michèle Alliot-Marie
: Il est indispensable que les valeurs gaullistes puissent s’exprimer haut et clair. Je suis contre le système de motions imaginé par et pour le PS. Je préfère l’expression des idées à travers une structure permanente. Nous organiserons d’ailleurs notre premier colloque à l’automne. Maintenant, si à un moment donné il doit y avoir une autre forme d’expression, je la porterai en compagnie de la centaine de parlementaires membres du Chêne et de nos adhérents.

N’est-il pas étrange de se référer dans le débat politique du XXIe siècle à un homme né au XIXe siècle ?

Le général de Gaulle a incarné à un moment donné et dans des circonstances données des principes qui transcendent les siècles. Il en a fait un projet de société. Dans les périodes les plus dramatiques de son histoire, la France a toujours suscité des personnalités et un mouvement populaire qui lui ont permis de faire face, de préserver son intégrité, de garantir les valeurs qui en font une référence dans le monde. Vercingétorix, Jeanne d’Arc, Napoléon, de Gaulle : ce sont les mêmes ressorts politiques : le refus de la fatalité, l’exaltation de la nation et le respect de la liberté contre l’asservissement de l’étranger.

Le monde d’aujourd’hui est encore très largement conditionné par les questions posées pendant la Seconde Guerre mondiale et pendant la période d’après 1958. Or, le général de Gaulle est le seul à avoir conçu un projet de société fondé sur des constantes aussi valables aujourd’hui qu’au moment où il les a affirmées : indépendance des peuples, souveraineté nationale, construction européenne, suprématie de l’Homme, participation… À l’heure de la mondialisation, les hommes ont besoin de repères et de références. Être gaulliste, c’est la fidélité à des valeurs exigeantes de liberté, de respect des droits de l’homme, de tolérance. C’est aussi la modernité par l’adaptation pragmatique aux réalités changeantes du monde. L’idée d’une histoire écrite d’avance, et en cela inéluctable, n’est pas inscrite dans la pensée gaulliste.

La révision constitutionnelle actuellement examinée au Parlement est-elle conforme à la vision gaullienne des institutions ?

Ce texte, tel qu’il est proposé aujourd’hui, ne change pas fondamentalement l’équilibre des institutions. Tout dépendra de la pratique. Certaines choses certes me laissent un peu sceptique, à commencer par le fait de confier la moitié de l’ordre du jour au Parlement. Je crains qu’il ne devienne difficile pour le gouvernement de faire étudier ses réformes et pour le Parlement de remplir les niches parlementaires, mais cela ne modifie pas la nature du régime politique. Certaines actualisations sont bienvenues. Il faut bien distinguer entre le texte des institutions et leur pratique par les gouvernants. La Constitution de 1958 est extrêmement souple d’application. Les présidents de la République successifs ne l’ont pas appliquée de la même façon. Le moins interventionniste dans la vie gouvernementale et dans la vie parlementaire, c’est certainement le général de Gaulle. L’idée du domaine réservé c’était, finalement, la liberté d’action du gouvernement et du Parlement pour tout le reste.

Nicolas Sarkozy a envisagé pour 2009 le retour de la France dans l’organisation intégrée de l’Otan. L’indépendance nationale chère au général de Gaulle a-t-elle encore un sens aujourd’hui ?

La France a quitté le commandement intégré de l’Otan en 1966 pour garantir sa maîtrise totale sur l’arme nucléaire. Dans ce domaine, la souveraineté nationale ne saurait être atténuée. Sous cette réserve et à condition que l’Europe de la défense soit reconnue en tant que telle avec le poids et le pouvoir afférents au sein de l’Otan, le fait que la France revienne dans le commandement intégré ne changerait pas grand-chose. D’ailleurs depuis des années, nous sommes le troisième contributeur aux opérations et nous avons assuré des commandements au Kosovo et en Afghanistan. L’exigence de consensus pour les actions préserve de toute façon notre indépendance.

L’idée de participation, chère à Charles de Gaulle, peut-elle être un principe d’action pour aujourd’hui ?

La participation traduit notre conviction que l’Homme doit être la finalité de toute action politique. Elle est au cœur du modèle de société gaulliste. Dans l’entreprise, la participation se traduit par l’intéressement au résultat, l’actionnariat salarié, la participation à la décision. Face à la mondialisation, l’actionnariat salarié permet de rendre les entreprises moins dépendantes des fluctuations de capitaux spéculatifs qui ne s’intéressent ni à l’entreprise, ni au salarié, ni à l’intérêt national. Dans la vie politique, la participation c’est l’élection et le référendum. Je pense d’ailleurs qu’il faudrait qu’il y ait davantage de référendums, tant au niveau national que local, à condition que les questions soient claires et qu’on évite d’en faire à chaque fois un enjeu politicien.

On a déjà pu remarquer vos divergences avec Nicolas Sarkozy, qui se dit pourtant également gaulliste…

Nous avons avant tout des convictions communes sur les sujets essentiels, y compris hors de mon champ ministériel. Il y a des points sur lesquels nous pouvons avoir des divergences, mais le gaullisme cela n’a jamais été, comme on a parfois voulu le caricaturer, une seule tête sur une seule ligne.


Interview réalisé par Laurent DE BOISSIEU

Par Jérémy Kreins - Publié dans : Michèle ALLIOT-MARIE
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