Mercredi 9 juillet 2008

Les événements des derniers jours ne m’ont pas permis de m’exprimer avant sur l’heureuse libération d’Ingrid Betancourt.

 

Je tenais néanmoins à vous faire part de mon émotion suite à cette libération. Ingrid nous montre en ce moment même que l’espoir est toujours là même quand on le croit disparu.


Forte de la présence de ses proches et de chaque français, elle a su trouver le courage de délivrer au monde entier un message d’amitié, de fraternité, de solidarité et de courage.
Ce message universel loin de toutes polémiques redonne à chacun d’entre nous l’espoir d’une vie meilleure.

 

Ce que nous apprend Ingrid Betancourt c’est à combattre tout type de renoncement. Que ce soit contre la maladie, contre la solitude, contre ses geôliers, Ingrid nous montre à tous ce que le mot courage veut dire.

Sa foi, son envie d’aimer, de donner sans recevoir, sont autant de qualités qui éclaire notre chemin dans un monde qui est, il faut bien le dire, dévasté par la sinistrose. Elle est la lumière de notre civilisation, présente au moment où nous en avions certainement le plus besoin.

 

Son envie de combattre pour un monde meilleur, de combattre pour que chaque otage soit libéré où qu’ils puissent se trouver dans le monde sont autant de combat que nous nous devons de relayer.

 

Elle nous fait aujourd’hui partager son envie de donner aux autres, et je souhaite que nous, les jeunes générations, lui emboitions le pas car après tout c’est cela qui importe aujourd’hui : faire renaître l’espoir.

 

Rien n’est jamais joué d’avance, aucune cause ne mérite d’être abandonnée pour peu que l’on y croie.


Alors aujourd’hui, permettez moi de penser que ce n’est pas à Ingrid de nous dire merci, mais plutôt à nous de lui dire Merci de nous avoir redonné l’espoir de vivre, de nous avoir insufflé cette irrésistible envie de nous dépasser, de nous avoir donné cette volonté d’agir pour un monde meilleur.

 

Laissez moi vous dire aujourd’hui toute ma joie de revoir la famille Betancourt réunies mais également la famille France car lorsque l’un de ses enfants est égaré c’est finalement toute la France qui est orpheline.

 

Par Jérémy Kreins - Publié dans : France
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Vendredi 4 juillet 2008

Je pense que cet article risque d’en choquer plus d’un. Certains se demanderont pourquoi je prône l’entrée de la Turquie en Europe alors que j’insiste sur mes valeurs gaullistes.

A tout cela, je voudrais leur répondre que je crois que l’entrée de la nation turque dans notre communauté n’est pas incompatible avec le gaullisme. Je crois profondément aujourd’hui que la Turquie, comme l’Europe d’ailleurs, se trouve à un carrefour où chacune des décisions prises peut changer son avenir. 

Loin des débats sur le communautarisme, sur les identités religieuses de l’Union, je crois qu’il est d’une importance capitale de prendre pleinement conscience de la place stratégique sans précédent que peut jouer et que jouera demain le peuple Turc. Jamais dans l’histoire le peuple turc n’a eu autant d’importance, et ceci s’explique par le fait que chaque jour  nous nous rapprochons d’un clash des civilisations entre l’occident et l’orient.  Nous avons tous notre responsabilité dans la mise en place de cette situation.

Alors pourquoi la Turquie  pourrait être un avantage pour l’Europe ?

Le Général De Gaulle avait définit en son temps les frontières de l’Europe. Néanmoins il est nécessaire d’adapter ce raisonnement aux enjeux d’un monde nouveau. Ne tombons pas dans le piège de se renfermer sur ce le Général De Gaulle a pu dire il y a 50 ans. Le Gaullisme n’est pas quelque chose de figé, au contraire le Général De Gaulle n’a eu de cesse d’adapter sa vision au rythme des changements du monde.

En tant que gaulliste, je pense donc nécessaire de poursuivre dans cette voie l’élaboration d’un nouveau projet politique. 

Bref revenons à la Turquie. Selon  la définition élaborée par le Général De Gaulle, la Turquie n’aurait pas vocation à intégrer l’Union, néanmoins il faut bien percevoir les enjeux de cette région.

Politiquement parlant, je crois nécessaire de souligner l’importance des différentes influences que subissent les dirigeants turcs. Les sunnites, les chiites, Al Qaeda, tous tentent de prendre un poids important dans la vie quotidienne du peuple turc. Jusqu'à présent, la Turquie n’a jamais basculé vers l’extrémisme ou plutôt vers l’intégrisme religieux.  Malgré les tensions sans limite que subissent chaque jour un peu plus les turcs, leurs regards se tournent une fois de plus vers nous.

Les turcs aspirent à la paix, aspirent à la liberté, à la laïcité, à la démocratie. Nous ne pouvons pas ignorer leur appel sous peine de trahir la confiance que savent nous montrer les turcs.

Face à la montée du terrorisme, je crois important que l’Europe se dote de tous les atouts nécessaires à sa protection. Le peuple turc sera un rempart de plus dans la mise en place d’un espace sécurisé. De plus quel magnifique symbole que d’envoyer un message d’union au monde entier. Ne nous arrêtons pas aux problèmes de religions, de cultures ou de civilisation.

L’importance de construire une union stable ne doit pas se reposer uniquement sur une union des mêmes cultures, des mêmes croyances, des mêmes civilisations. J’ai toujours pensé que la diversité d’une nation était une richesse pour un pays, et je crois que ce raisonnement est adaptable à une certaine idée de la conception européenne.

Je vois que la Turquie suscite pour beaucoup de nos concitoyens un certain nombre de craintes, qui sont d’ailleurs souvent dues à une méconnaissance de la Turquie. Il ne faut pas aujourd’hui tomber dans le piège que certains veulent nous  tendre en proclamant aujourd’hui que la Turquie est un pays rempli d’extrémistes, ceci est d’une part faux, et d’autre part choquant à souhait. Il serait irresponsable de part de donner des leçons à un pays qui respecte depuis si longtemps le droit à la laïcité et qui a de plus était précurseur dans le droit de vote des femmes aux élections. Comme pays de musulmans arriérés j’ai vu pire…

Ne stigmatisons pas un peuple qui résiste aux tentations de ce que Georges Bush Jr a qualifié d’axe du mal. Ne nous trompons pas d’adversaire. Nos adversaires ne sont pas les turcs qui n’appellent qu’au développement de sa population, ce sont les terroristes que nous devons combattre.

Par Jérémy Kreins - Publié dans : Europe
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