Europe

Vendredi 4 juillet 2008

Je pense que cet article risque d’en choquer plus d’un. Certains se demanderont pourquoi je prône l’entrée de la Turquie en Europe alors que j’insiste sur mes valeurs gaullistes.

A tout cela, je voudrais leur répondre que je crois que l’entrée de la nation turque dans notre communauté n’est pas incompatible avec le gaullisme. Je crois profondément aujourd’hui que la Turquie, comme l’Europe d’ailleurs, se trouve à un carrefour où chacune des décisions prises peut changer son avenir. 

Loin des débats sur le communautarisme, sur les identités religieuses de l’Union, je crois qu’il est d’une importance capitale de prendre pleinement conscience de la place stratégique sans précédent que peut jouer et que jouera demain le peuple Turc. Jamais dans l’histoire le peuple turc n’a eu autant d’importance, et ceci s’explique par le fait que chaque jour  nous nous rapprochons d’un clash des civilisations entre l’occident et l’orient.  Nous avons tous notre responsabilité dans la mise en place de cette situation.

Alors pourquoi la Turquie  pourrait être un avantage pour l’Europe ?

Le Général De Gaulle avait définit en son temps les frontières de l’Europe. Néanmoins il est nécessaire d’adapter ce raisonnement aux enjeux d’un monde nouveau. Ne tombons pas dans le piège de se renfermer sur ce le Général De Gaulle a pu dire il y a 50 ans. Le Gaullisme n’est pas quelque chose de figé, au contraire le Général De Gaulle n’a eu de cesse d’adapter sa vision au rythme des changements du monde.

En tant que gaulliste, je pense donc nécessaire de poursuivre dans cette voie l’élaboration d’un nouveau projet politique. 

Bref revenons à la Turquie. Selon  la définition élaborée par le Général De Gaulle, la Turquie n’aurait pas vocation à intégrer l’Union, néanmoins il faut bien percevoir les enjeux de cette région.

Politiquement parlant, je crois nécessaire de souligner l’importance des différentes influences que subissent les dirigeants turcs. Les sunnites, les chiites, Al Qaeda, tous tentent de prendre un poids important dans la vie quotidienne du peuple turc. Jusqu'à présent, la Turquie n’a jamais basculé vers l’extrémisme ou plutôt vers l’intégrisme religieux.  Malgré les tensions sans limite que subissent chaque jour un peu plus les turcs, leurs regards se tournent une fois de plus vers nous.

Les turcs aspirent à la paix, aspirent à la liberté, à la laïcité, à la démocratie. Nous ne pouvons pas ignorer leur appel sous peine de trahir la confiance que savent nous montrer les turcs.

Face à la montée du terrorisme, je crois important que l’Europe se dote de tous les atouts nécessaires à sa protection. Le peuple turc sera un rempart de plus dans la mise en place d’un espace sécurisé. De plus quel magnifique symbole que d’envoyer un message d’union au monde entier. Ne nous arrêtons pas aux problèmes de religions, de cultures ou de civilisation.

L’importance de construire une union stable ne doit pas se reposer uniquement sur une union des mêmes cultures, des mêmes croyances, des mêmes civilisations. J’ai toujours pensé que la diversité d’une nation était une richesse pour un pays, et je crois que ce raisonnement est adaptable à une certaine idée de la conception européenne.

Je vois que la Turquie suscite pour beaucoup de nos concitoyens un certain nombre de craintes, qui sont d’ailleurs souvent dues à une méconnaissance de la Turquie. Il ne faut pas aujourd’hui tomber dans le piège que certains veulent nous  tendre en proclamant aujourd’hui que la Turquie est un pays rempli d’extrémistes, ceci est d’une part faux, et d’autre part choquant à souhait. Il serait irresponsable de part de donner des leçons à un pays qui respecte depuis si longtemps le droit à la laïcité et qui a de plus était précurseur dans le droit de vote des femmes aux élections. Comme pays de musulmans arriérés j’ai vu pire…

Ne stigmatisons pas un peuple qui résiste aux tentations de ce que Georges Bush Jr a qualifié d’axe du mal. Ne nous trompons pas d’adversaire. Nos adversaires ne sont pas les turcs qui n’appellent qu’au développement de sa population, ce sont les terroristes que nous devons combattre.

Par Jérémy Kreins
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Vendredi 13 juin 2008

Tel est en substance la question que l’on peut se poser aujourd’hui à la suite du vote négatif du peuple Irlandais vis-à-vis du Traité de Lisbonne.

Je ne vous cacherais pas mon inquiétude compte tenu de la situation. Il est de notre devoir de réfléchir à de nouvelles solutions pour sortir l’Europe de cette crise institutionnelle sans précédent.

Face aux grands défis de notre temps, il était indispensable pour l’Europe de s’unir politiquement. Force est de constater que la décision irlandaise met en péril ce projet voulu par l’ensemble des gouvernements européens et par bon nombre des concitoyens.

Alors faut-il respecter la décision du peuple Irlandais ? Oui assurément, néanmoins il est de la responsabilité de notre pays, qui va prendre la présidence Française du Conseil Européen dans quelques jours, de prendre les mesures nécessaires afin de mettre en place rapidement une évolution des institutions de la communauté européenne.

Il en va de la responsabilité de notre pays de faire le choix d’un consensus qui aboutira dans les délais les plus brefs à de nouveaux résultats. L’avenir de la communauté européenne en dépend et nous ne pouvons en aucun cas nous dégager de cet impératif pour le futur de notre Union Européenne.

A quelques heures de la déclaration du Prime Minister Irlandais, il semble possible que la France et l’Allemagne prennent une décision commune pour relancer le pacte européen. Je salue d’ailleurs cette décision prises conjointement entre les deux exécutifs.

En ce qui me concerne j’attends du couple franco-allemand des propositions concrètes résolument tournés vers l’avenir et en privilégiant l’efficacité de nos institutions communes aux enjeux nationaux.

L’Europe doit être vécu comme un espoir et non pas comme une crainte. Elle ne doit pas être vue comme une contrainte mais plutôt comme une chance pour l’avenir de nos enfants, de notre communauté, de notre planète.

Je reviendrais dans un prochain article sur les sujets que la présidence française devrait aborder lors de son mandat.

 

Par Jérémy Kreins
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